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DESCRIPTIF DES CARTES

Les derniers jours

m.a.j. le 30/04/2017

COUCY, BIEN NATIONAL

Louis-Philippe d'Orléans, plus connu sous le nom de Philippe-Egalité, fut le dernier sire de Coucy. De 1785 à sa mort en 1793, mais le château n'étant plus résidence seigneuriale depuis longtemps, aucune manifestation de révolte ne s'y déroule. Les révolutionnaires se contentèrent de rebaptiser Coucy-la-Ville en Coucy-la-Vallée et Coucy-le-Château en Coucy-Ia-Montagne et, lors du changement des circonscriptions de 1790, pour placer Coucy dans l'Aisne, en tant que chef-lieu de la justice et résidence du tribunal. Plus tard, le tribunal ayant été rétabli à Chauny, Coucy devient simple chef-lieu de canton de laon. Le château est cédé en tant que bien national à l'Hôtel-Dieu qui en vend les pierres à raison de trois francs la charrette. Le donjon sert alors de prison aux malfaiteurs de la région.
Puis, le commerce reprend, Coucy est à peu près entièrement reconstruit avec les pierres du château. Le nombre d'habitants remonte à 874 en 1861 alors qu'il n'était plus que de 781 au début du XlXe s. On y trouve un petit commerce de bois, chanvre et lin et également des vignes dont la présence remonte au moins au XlIIe s. et dont les plants ont été améliorés par ceux rapportés de Chypre sur ordre de Francois 1er.

PREMIERS TRAVAUX DE RESTAURATION

Mais le romantisme remet Coucy au goût du jour, louis-Philippe d'Orléans le rachète le 6 octobre 1829 pour 6.000 f - prix qu'il aurait donné pour un tableau -. Dès 1839, Prosper Mérimée demande le sauvetage des ruines. Déjà en 1819, le maire de la ville M. Cartier avait fait nettoyer le puits du donjon et fait cesser la vente des pierres mais ce n'est qu'en 1853 que Viollet-le-Duc fait un devis pour entreprendre les travaux trois ans plus tard. Les ruines sont dégagées, le donjon est recouvert et chainé de deux rails de fer pour éviter qu'il ne se fissure davantage, quelques consolidations sont réalisées mais en tout bien peu de choses. Coucy devient à partir de ce moment un lieu de tourisme où les visiteurs sont accueillis à l'hôtel du lion d'Or ou à celui de la Terrasse.

COUCY, VICTIME DE LA PREMIERE GUERRE MONDlALE

Alors que Coucy avait une certaine activité et même une image de prospérité sereine, la 1ère guerre mondiale vint briser les derniers charmes de l'endroit. En effet, Coucy se trouve en première ligne lorsque les Allemands déferlent en août 1914. Immédiatement occupé et ce, pendant près de trois ans, on peut y noter la présence d'une garnison et d'un "Kazino für Offizieren". Coucy connaîtra un premier choc qui sera décisif pour lui en 1917. Obligés de battre en retraite, les soldats allemands, sur ordre de Luddendorf, utilisent 27 t de cheddite pour faire sauter le donjon et éviter ainsi qu'un tel poste d'obser­vation ne tombe aux mains des français - alors qu'à l'époque, l'aviation était suffisamment développée pour jouer ce rôle, mais non contents de cela, ils font également sauter les quatre tours du château, une autre de l'enceinte, et les trois portes de la ville - qui ne bénéficiaient pas de la même excuse -. Ainsi, la ville est entièrement rasée, exception faite de la maison qui a abrité l'état-major du Kronprinz.

Les combats de rue qui s'y déroulèrent en 1918 achevèrent de sinistrer le lieu, déjà fort atteint, sans apparemment laisser aucun espoir pour que Coucy puisse se relever un jour.

LA RESTAURATION DE COUCY, PREMIERS ESPOIRS

Pourtant, la nature finit toujours par triompher et Coucy voit ses ruines relevées. Tout d'abord, les maisons, bien que le gouvernement ait pendant un temps voulu laisser les choses en l'état pour garder en mémoire la "barbarie allemande".

Puis, c'est au tour du monument lui-même: à partir de 1922, les ruines sont déblayées et un premier sauvetage est opéré. Les travaux sont interrompus par la seconde guerre mondiale qui amène de nouveau les Allemands à Coucy, sans que ceux-ci trouvent rien à ajouter au travail accompli par leurs prédécesseurs de 1914-18. Dès 1945, la reprise de la conservation et de l'entretien de la Basse-cour a lieu. De 1968 à 1971, deux tours du château sont consolidées et le musée reconstruit dans la tour de la porte de Soissons abrite de nouveau les maquettes du château et de son donjon.
Enfin, à partir de 1966 sont organisés des camps de jeunes bénévoles et l'armée de terre intervient également pour effectuer des travaux de déblaiement et préparer la place pour de futurs chantiers de gros ­oeuvre.

Désormais, c'est l'Association de mise en valeur du château de Coucy qui s'occupe de la restauration de Coucy. Depuis le 1er mars 1972, elle organise chaque année des chantiers bénévoles (interrompus en 1967, repris grâce à l'AMVCC, en 1976) qui ont pour but de redonner à Coucy un cadre agréable. Certes ses moyens sont encore restreints mais d'ici quelques années sera sans doute lancée une opération de plus grande envergure, visent à une restauration plus importante.