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DESCRIPTIF DES CARTES

Les Origines

m.a.j. le 26/09/2017

Aucun document ne signale l'existence de Coucy avant la conquête romaine. C'est seulement en 290 après J.C., alors que Maximilien Hercule -soucieux de protéger les frontières de l'Empire- fait venir le Germanie des tribus de cultivateurs ou "Lètes", (d'où le nom d'Ailette, ou rivière "des lètes"), qu'appa­raît le nom "Codiciacus" ou "Cociacus" du latin "Cotia" : la clairière, l'éclaircie. En effet, pour s'installer, il leur fut nécessaire de défricher une partie de la forêt de Cuise qui couvrait le terri­toire des Suessiones, ou Soissonais, allant des Ardennes à Paris.

L'installation de ce peuple dut se faire à l'endroit où se dresse aujourd'hui le village de Coucy­-la-Ville. Alors qu'à l'emplacement de Coucy-le-Château, se trouvait un établissement romain, occupé par un officier de l'administration chargé de la surveillance et de la perception des impôts.

Pendant les invasions barbares, la région resta sous contrôle romain jusqu'en 486, date de la vic­toire, à Soissons de Clovis sur Syagrius -gouverneur de la Gaule romaine- et de la conquête de la terre de Mège par celui-ci. En 500 il fait cadeau de ce territoire, dont fait partie Coucy, à St Rémy, arche­vêque de Reims. Ce dernier en fait don par testament à l'Eglise de Reims à sa mort en 533.
Pendant quatre siècles Coucy en dépendra. En 922, l'archevêque Hervé décide de fortifier Coucy, Mouzon et Epernay, qui sont disposés, en triangle autour de Reims, sous prétexte de protéger les populations des invasions normandes (qui avaient en fait cessées depuis le traité de Saint-Clair-sur-Epte) d'où désormais l'intérêt de ce lieu, aisément défendable.

C'est alors qu'Herbert, comte de Vermandois, réussit, grâce à certaines manigances auprès des évêques de Soissons et de Châlons à présenter son fils Hugues, âgé de 5 ans, à la charge d'Archevêque de Reims, alors que la place était rendue vacante par la mort de Seulfe, successeur d'Hervé. La chose fut entendue et approuvée par le roi Raoul et le pape lui-même. Herbert reçoit ainsi l'administration temporelle du diocèse, dont faisait partie Coucy.

Deux ans après, en 927, il y retint prisonnier le roi Charles le Simple, pendant un temps assez court. Puis, en 930, il échange Coucy pour le château de Vitry, qu'il avait pris à Boson, frère du roi, un an plus tôt. L'Eglise de Reims perd alors tout droit sur Coucy, qui passe à la couronne en 931, à la mort de Boson. Raoul le garde jusqu'en 935, époque à laquelle il le donne à Hugues le Grand, son beau-frère. Ceci se déroulait alors qu'Herbert avait été dépouillé de ses terres et de sa charge par Raoul. Hugues reçut les terres, et Artaud fut nommé archevêque de Reims.

A la suite du décès de Raoul, une ligue se forme pour renverser son successeur: louis d'Outremer. Elle comprend, entre autres. Herbert et Hugues, qui mènent une guerre farouche au roi, pendant près de dix ans. Mais, en 945, Louis prend le dessus, en même temps qu'Artaud s'empare de Coucy. Pourtant, il ne le garde qu'un an, car un ancien allié de Hugues, Thibault dit le Tricheur, comte de Chartres et de Blois, gagne la forteresse par la corruption de la garnison. Artaud la reprend en 958 pour la donner aussitôt à Eudes, fils de Thibault, contre un cens de 60 sous.

Coucy passe alors de mains en mains: Eudes le donne vraisemblablement en 978 à Théodoric, un de ses fils. Puis en 1037, les chroniques font mention d'un lion, ami ou vassal d'Eudes, mort à la bataille de Bar-le-Duc. Enfin, en 1059, on trouve la trace d'Albéric, ou Aubri de Coucy. Celui-ci est marié à Ade de MarIe qui va le trahir en faveur d'Enguerran, fils de Dreux de Boves, avec l'aide de qui elle fera pri­sonnier son mari, qui ne gagnera sa liberté qu'en échange de sa terre. Déshérité, ce dernier partira en Angleterre rejoindre Guillaume le Conquérant qui lui fera don d'une terre dans le comté d'York.