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DESCRIPTIF DES CARTES

La première race des Sires de Coucy

m.a.j. le 26/09/2017

Enguerran de Boves, comte d'Amiens, devient donc en 1079, par son mariage avec Ade de MarIe, sire de Coucy et de Marle, ainsi que du fief de la Fère, qu'il possédait déjà. En 1095, à la mort d'Ade, il enlève la femme du comte de Namur, Sibylle de Porcien. D'où une guerre terrible contre celui-ci.

Pendant ce temps, Thomas, le fils de son premier mariage, prend la croix pour Jérusalem, où il s'illustre et en ramène les armes de la famille, qui sont: "fascé de gueules et de vair, de six pièces". A son retour, il épouse N. de Montaigu, qui reçoit en dot la terre du même nom. De ce lieu, dit-on, il mène d'odieux brigandages. Ce qui conduit son père à venir assiéger la place. Cependant, Thomas parvient à s'en enfuir et à alerter le roi qui vient l'y secourir avec 700 cavaliers. A la suite de quoi, Thomas est frappé d'excommunication à cause des liens de consanguinité qui existait entre lui et sa femme. Obligé de s'en séparer, il perd Montaigu. Mais, il se remarie avec Milsende de Crécy qui lui apporte Crécy, Nouvion-le-Comte et Nouvion-l'Abesse. Cependant, à cette époque-là, c'est l'explosion du mouvement communal. En 1112, à Laon, le peuple se révolte contre le pouvoir tyrannique de l'évêque Gaudry, qui est assassiné. Craignant la colère du roi, les rebelles demandent la protection de Thomas qui les accueille en ses terres, pendant que la ville est pillée, lors des troubles qui la secouent. Puis, en 1113, c'est le tour des Amiénois qui en viennent aux mains avec le châtelain Adam, qui se retranche dans la forteresse. Enguerran se réconcilie alors provisoirement avec son fils pour venir en aide à Adam. Pourtant, Sibylle rompra la trêve en préparant un guet-apens à Thomas qui s'en sort gravement blessé et doit se retirer. Finalement, le roi Louis VI le Gros intervient en faveur des bourgeois. Le titre de comte d'Amiens est alors perdu pour les Coucy.

Excommunié de nouveau pour avoir érigé des forteresses sur les terres dépendant de l'Eglise St Jean de laon, Thomas doit subir les assauts de Louis VI, en 1114, qui restitue les terres à l'Eglise et accepte de Thomas une rançon en guise de dédommagement.

En même temps, Enguerran accepte pour la première fois en 1116 de payer le cens de 60 sous à l'Eglise de Reims juste avant de s'éteindre en 1117. Thomas hérite donc de Coucy. Il assiste à la fondation de Prémontré en 1120 en compagnie de son fils Enguerran. Il gratifiera également l'abbaye de Nogent-sous­Coucy dont la fondation est revendiquée à la fois par lui, par son père et même par Aubri.

En 1130, Thomas agresse sur ses terres des marchands munis de sauf-conduits émanant de lui. Louis VI vient assiéger MarIe. Thomas meurt alors au cours d'une embuscade qu'il avait dressée, sans recevoir les derniers sacrements.

Enguerran II, seigneur de la Fère lui succède sur les seigneuries de Coucy, la Fère, MarIe, Crécy-sur-­Serre, Landeuzy et Fontaines. Boves passe au puîné, Robert, qui fonde la branche des Coucy-Boves.

Mais louis VI n'en poursuit pas moins la guerre contre ce dernier, bien qu'il ne soit pas responsable des crimes du père. La Fère est assiégée du 7 mai au 9 juillet 1132, date à laquelle louis VI traite avec Enguerrran II, pour éviter de poursuivre un siège trop long et lui fait épouser sa cousine germaine Agnès de Beaugency.

Puis, Enguerran II prend part à la seconde croisade au cours de laquelle il meurt en 1148. Son fils, Raoul 1, lui succède, alors que son oncle Robert de Boves cherche à lui ravir son héritage en 1154, sans succès. Quelques années après, il épouse en 1160 Agnès de Hainaut, ce qui place la maison de Coucy parmi les plus puissantes du royaume. Puis, en 1163, il fortifie Vervins, qui dépendait également de Coucy. Agnès meurt en 1172 et il épouse deux ans plus tard, Alix de Dreux, princesse de sang royal, ce qui lui vaut de se concilier l'appui des rois louis et Philippe-Auguste. Il part ensuite pour la 3è croisade en 1190, laissant derrière lui sa maison en pleine prospérité. Il trouve la mort à St Jean d'Acre en novembre 1191.

Son fils, qui sera sans doute l'un des plus grands parmi les sires de Coucy, d'où son surnom de "Grand" (mais également de "Bâtissseur") autrement dit Enguerran III, sire de Coucy, Marle, La Fère, Vervins, Crécy, Pinon et autres lieux, et comte de Roucy et du Perche, lui succède malgré la tentative de Renaud III, châtelain de Coucy, son oncle, pour s'emparer de ses biens.

Alors que sa mère accorde une charte de Paix aux habitants de Coucy en 1197, il se marie avec Eus­tache de Roucy en 1202 dont il se sépare peu après, non sans avoir auparavant essayé de revendiquer le fief de Roucy. Il en profite alors pour se remarier avec Mahaut de Saxe, fille de Henri, duc de Saxe, et de Mahaut d'Angleterre, et petite-fille de Henri Il de Plantagenet.

Après avoir administré pendant un temps son bien, il accorde notamment une charte à la Fère en 1207, il part pour la croisade contre les Albigeois en 1209. Il s' y signale aux sièges de Cabaret et de Lavaur. Puis, de retour en 1211, sa femme étant morte en son absence, il songe à se remarier avec Jeanne, héri­tière du comté de FIandre, mais celle-ci échoit à Ferrand. Il épousera Marie de Montmirail qui lui appor­tera les seigneuries de Montmirail, Condé-en-Brie, La Ferté-Gaucher, la Ferté-Ancoul, ainsi que le vicomté de Meaux et des terres d'Oisy, de Crèvecoèur, d'Havrincourt et enfin, la châtellenie de Cambrai.

Il participe à la bataille de Bouvines en 1214, au cours de laquelle il se distinguera. Mais l'éclat qu'il en tire est terni par ses démêlés avec le doyen du chapitre de Laon. Adam de Courlandon, au sujet de vassaux de celui-ci qu'Enguerran avait mis en prison pour s'être aventuré sur les terres de l'Eglise. Enguerran III ne l'ayant pas supporté, se rend à Laon, enfonce les portes de la cathédrale et ramène le doyen à Coucy où il le retient prisonnier. Une excommunication est prononcée contre lui en 1216.

Enguerran III part la même année pour l'Angleterre où il accompagne Louis VIII appelé par les Anglais qui le préféraient à Jean Sans Terre. Il a la responsabilité d'une garnison à Londres en 1217. Puis, il revient en France où il est relevé de son excommunication.

En 1126, il part en expédition contre les Albigeois pendant une quarantaine de jours, au cours de laquelle il assiste à la mort du roi, évènement qui aura dans sa vie de graves répercussions.

Car c'est à partir de ce moment que s'est fomenté un complot, dont les principaux investigateurs étaient Thibaud IV, comte de Champagne, et Pierre Mauclerc, comte de Bretagne. Le sacre de louis IX eut lieu à Reims le 29 novembre 1226: Enguerran lII y assista. Il avait un caractère fier et indépendant; il se considérait comme, l'un des premiers barons de France et était persuadé qu'il pouvait traiter presque de pair à pair avec le roi. D'après les chroniqueurs du temps, Enguerran III, sire de Coucy, aurait élevé jusqu'au trône ses visées ambitieuses. Arrière-petit-fils de Louis VI par Alix de Dreux et, comme tel, cousin issu de germain de louis VIII ! De plus, il était par sa sœur, oncle du comte de Dreux, Robert Ill, de Pierre de Mauclerc, du comte de Macon, de l'archevêque de Reims, des comtesses de Bar et de Roucy ! Le sire de Coucy disposait alors d'une réelle puissance.

C'est pourquoi il reconstruisit alors son château de Coucy lui donnant des proportions que jamais aucun château n'avait atteint. En outre, il fit construire les châteaux de St Gobain, de MarIe et d'Acy, le châtelier au-dessus de la Fère, la maison et le parc de Folembray, la maison de St Aubin entre Coucy et Noyon, celle de St-lambert-des-Eaux... Il s'assurait un certain nombre de forteresses, d'où il pouvait manifester sa puissance et où il pourrait se retirer en cas d'échec.

De plus, il fait épouser sa fille aînée Marie au roi d'Ecosse, Alexandre II, ce qui est un bel exploit politique. Pourtant, il semble s'être rallié très tôt au roi, au plus tard en 1230 et lui a témoigné pendant tout le reste de sa vie beaucoup de fidélité. Celui-ci le lui rendit. Enguerran III a-t-il cherché à être roi de France ? La réponse ne peut être apportée sans une réflexion approfondie.

Sa fin fut aussi singulière que sa vie: alors qu'il se rendait à Chinon sur l'appel du roi qui commandait une armée contre le comte de la Marche ligué avec Henri III d'Angleterre, son cheval se cabre au passage du gué de Gersis, le jette à terre et en même temps que son épée se détache du fourreau, il tombe sur la pointe qui lui traverse le corps.

C'est à lui que les Coucy doivent l'ordre du Lion et la devise de leur famille:

Roi ne suis,
Prince ne daigne,
Ne duc, ne comte aussi
Je suis le sire de Coucy.

Raoul II, son fils aîné, lui succéda pour une période assez brève. En effet, dès 1249, il s'embarque à Aigues-Mortes avec St Louis, le 13 mai il quitte Chypre et le 7 juin il se signale à Damiette. Enfin, il meurt le 8 février 1250, à la bataille de Mansourah.

Raoul II, marié à Philippa, n'ayant eu qu'un fils, Enguerran, décédé en bas âge, meurt donc sans héritier. C'est son frère, Enguerran IV, qui lui succède. On le trouve en Hainaut pour soutenir les prétentions du duc d'Anjou en 1254, sans qu'il en retira le moindre avantage. Il épouse en 1256 Margue­rite, fille d'Otton II, comte de Gueldre.

Quelques mois après son mariage, en juillet, il eut un premier différend avec l'abbé de St Amand, prévôt ecclésiastique de Barisis, qui fit prendre une nuit, sans autre forme de procès, un de ses serfs pris en flagrant délit de vol. Une instance fut intentée par le sire de Coucy, se termina sur un statu quo. Mais l'affaire qu'on retint généralement, à propos d'Enguerran IV, est celle de St Nicolas aux Bois : ayant surpris trois jeunes écoliers flamands, venus à St Nicolas pour étudier le français, en train de poursuivre du gibier sur ses terres, il les fait pendre sans qu'il n'y ait eu là non plus de procès. L'affaire vint jusqu'aux oreilles de Louis IX qui cita à comparaître à Paris Enguerran IV, le fit enfermer au Louvre et juger pour meurtre. Il ne put cependant appliquer la loi du Talion, car Enguerran était soutenu par une assemblée de barons et de seigneurs, alliés à la maison de Coucy, qui plaidèrent sa cause. Il fut condamné à 10.000 livres d'amende, à construire deux chapelles et un monument en l'honneur des défunts, et à partir en croisade, ce qu'il évita en payant de nouveau 12.000 livres en 1264.

Auparavant, il reçut de sa mère, Marie de Montmirail, en 1260, les terres de sa famille alors éteinte (dans les mâles) et dont Enguerran III n'avait pu revendiquer que le droit à la succession. Sur celles-ci, il vend au comte de Flandre pour 20.000 livres les seigneuries de Crèvecoeur et d'Alleux et la châtellenie de Cambrai, ce qui lui permet de renflouer ses caisses et même de prêter au roi 15.000 livres pour l'achat de la vraie croix en 1265. En outre, de nouveaux liens avec le comte de Flandre lui permettent d'en épouser la fille, Jeanne, comtesse de Nevers, après qu'il eut perdu Marguerite de Gueldres sans en avoir eu d'enfant. Il s'éteint lui-même en 1311, sans héritier.